2/La cataracte
Figure : trois type de cataracte sénile

L'opacification du cristallin, normalement clair et transparent, est appelée cataracte. Elle est la conséquence d'une altération osmotique et d'une aggrégation protéique en rapport avec une réduction des métabolismes énergétiques.
La cataracte corticale concerne les fibres de formation récente, plus sensibles aux anomalies du transfert cationique, à l'augmentation de la perméabilité membranaire et à la charge osmotique secondaire; il en résulte hyperhydratation, rupture membranaire et opacification.
La cataracte nucléaire, forme la plus fréquente de la cataracte dite "sénile", est plutôt le résultat de l'aggrégation protéique qui survient, en l'absence de toute modification de l'hydratation de la lentille, à la faveur d'une désorganisation structurale dont le primummovens correspond à une réduction du métabolisme protéique et à une perte du pouvoir énergétique.
Les radicaux libres et divers oxydants présents dans l'humeur aqueuse sont, en outre, susceptibles d'agresser les membranes épithéliales et les fibrocytes, perturbant ainsi le maintien de l'homéostasie intracristallienne. L'oxydation est considérée comme un important facteur cataractogène à l'origine de la désorganisation intermoléculaire et de l'agrégation protéique. Les situations conduisant au catabolisme protéique peuvent déterminer une protéolyse dans le cristallin sans restauration possible, les cellules cristalliennes différenciées étant incapables d'assurer une synthèse protéique[3].
Les symptômes visuels sont une vision floue, une sensation d'éblouissement, un trouble de la vision des couleurs, et une diplopie monoculaire.
La cataracte congénitale est une complication de la rubéole, d'une infection herpétique, du zona, de la syphilis, ou d'une infection à cytomégalovirus contractée pendant la vie intra-utérine.
Les cataractes acquises peuvent être la conséquence d'un traumatisme, d'une irradiation, d'un traitement médicamenteux (halopéridol, glucocorticoïdes, busulfan, amiodarone, chlorpromazine, etc), de substances toxiques comme le fer, d'un trouble métabolique, d'affections oculaires inflammatoires, ou être liées au vieillissement (cataracte sénile). Les cataractes sont plus précoces chez les diabétiques (type I et type Il) ou lorsqu'existent d'importants antécédents familiaux de cataracte.
Les troubles métaboliques compliqués d'une cataracte sont les galactosémies, les états hypercalcémiques chroniques, la maladie de Fabry, la maladie de Wilson et le syndrome de Lowe. Les cataractes peuvent aussi être associées à des anomalies chromosomiques : aux syndromes d'Alport, de Conradi, de Crouzon et de Down, à la maladie du cri du chat et à une dysgénése gonadique.
Le traitement consiste au départ en l'adaptation de la puissance des verres pour maintenir une certaine acuité visuelle pendant le développement de la cataracte. Parfois la dilatation chronique de la pupille (phényléphrine de 2,5 à 10%) ast utile en cas d'opacification minime du cristallin. On utilise également des collyres au NaI et des collyres aux vitamines. L'ablation du cristallin est indiquée quand le maitient d'une vision suffisante n'est plus possible.
Aux Etats-Unis, la prévalence de cataracte sénile est à peu près de 4.5%, 18 %, et 45 % chez les personnes âgées de 52-64 ans, 65-74, et 75-85 ans respectivement. Ce risque est deux à trois fois augmenté chez le diabétique.
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