6.4 Les inhalateurs à poudre sèche (dry powder inhalers, DPI)
[2,7] Les formulations consistent en une poudre sèche de médicament finement divisée, seul ou en mélange avec un transporteur. Les récipients ne sont pas mis sous pression, les particules sont mises en suspension dans l'air sous l'action du mouvement inspiratoire du patient. La mise en suspension de la poudre et le comportement des particules durant l'inhalation dépendent :
o de la micronisation o des forces interparticulaires (de type van der waals et les forces électrostatiques) o des interactions interfaciales (par exemple, l'adhésion du médicament sur la capsule ou à la surface de la pièce buccale) o des caractéristiques aérodynamiques du dispositif pour inhalation et sa résistance au flux d'air o de la formulation du médicament
Les avantages des DPI : - ils sont activés par la resipration, donc pas besoin de coordination - ils améliorent la déposition pulmonaire et diminuent le dépôt buccal - ils sont écologiques - ils sont faciles à transporter et plus faciles à utiliser - ils sont stables car ce sont des formes sèches
Les inconvénients des DPI : - la quantité délivrée dépend du flux inspiratoire, donc besoin d'une certaine force inspiratoire; Cette dernière dépend de la sévérité de la maladie, de l'âge, de la corpulence,…
6.4.1 Les DPI monodoses
Ce sont des dispositifs qui utilisent une gélule ou un blister contenant le principe actif comme système unitaire.
L'AEROLIZER® (exemple, le foradil®) [4] : On introduit une gélule contenant la poudre à la base de l'inhalateur où elle est percée par deux aiguilles. La gélule se met en rotation sous l'effet de l'inhalation. Cela entraîne un appel d'air vers le haut et l'air passe par la gélule perforée. Une grille située juste avant la sortie va désagglomérer les particules.
Avantages : - contrôle de la dose à trois niveaux : perception auditive, olfactive et visuelle - pas de contamination possible des doses
Inconvénients : - transport des blisters - manipulation plus importante avant chaque administration
 Figure 1.6.4.1.1 : L'aérolizer®
6.4.2 Les DPI multidoses
Ces dispositifs comprennent en général une chambre doseuse et un réservoir contenant la poudre. Ces dispositifs sont parfois munis d'un système indicateur du nombre de doses libérées.
LE DISKHALER ® ( exemple, le flixotide® ) [3] Ce système est muni d'un disque contenant une feuille de blisters insérée dans le rotadisk. Chaque dose est libérée par une rotation du système de manière à ce que les aiguilles perforent le blister. Le dispositif comporte un compteur de doses qui permet au patient de savoir le nombre de doses restant disponibles.
Avantages : - plusieurs doses individuelles (contenues dans le rotadisk) - compteur de doses
Inconvénients : - transport des blisters - pertes de poudre importantes

Figure 1.6.4.2.1 : Le Diskhaler®
LE TURBOHALER ® (exemple, le pulmicort®) C'est un dispositif composé de [9] : - une roue cannelée : elle recharge une dose lorsqu'elle est complètement tournée dans un sens et remise après en position initiale. - un disque doseur rotatif : il détermine la dose de médicament à délivrer au conduit d'inhalation. - un racloir doseur : il doit assurer une dose précise en retirant la quantité en excès de médicament - un réservoir de médicament : il contient les doses de médicament - un conduit d'inhalation : il transporte la dose de médicament aggrégé à la pièce buccale - la pièce buccale : elle est conçue avec des conduits en spirale pour désaggréger la dose en particules " respirables ".
Avantages : - pas de goût - nombreuses doses Inconvénients : - il ne donne pas la confirmation de dose administrée - il y a une grande variabilité entre les doses administrées
 Figure 1.6.4.2.2 :Le turbohaler® [9]
LE DISKUS® (exemple, le serevent®) [10] Il s'agit d'un boitier discoïde comportant un embout, un couvre-embout, un levier pour ouvrir le couvre-embout et un compteur de doses. Le système contient une bandelette aluminium (le blister) de 60 alvéoles, contenant chacune une dose individualisée de médicament. Pour ouvrir le système, il suffit de pivoter le couvre-embout, ce qui permet de dégager l'embout buccal ; Ensuite, on prépare le dispositif en poussant le levier, ainsi le montage interne s'actionne et permet de dérouler le blister, de le peler et donc de libérer la dose. C'est un dispositif " tout en un " qui ne présente pas de couvercle.
Pour l'histoire, GlaxoSmithKline a donné le nom " Diskus " car le dispositif ressemble à un poisson d'origine sud-américaine : le discus ou symphisodon aequifasciatus [11].

Avantages : - il présente un compteur de doses - reproductibilité de la dose délivrée - la dose délivrée par le diskus n'est pas affectée par les conditions d'humidité (30°C / 75% d'humidité relative) [12] Inconvénients : - pour inhaler une seconde dose, il faut refermer le système (ce n'est pas toujours bien compris) - déposition pulmonaire faible

Figure 1.6.4.2.3 : Le diskus®, en position fermée et ouverte [10]
Parmi d'autres dispositifs, citons, l'autohaler ® , le clickhaler ® ,…..
7. Le choix du type d'aérosol
Le choix du type d'aérosol doit se faire de cas en cas. Il dépend de plusieurs facteurs dont en particulier les préférences du patient . Pour les nourrisons et les petits enfants, pour les patients qui ont de la peine à manipuler l'aérosol-doseur, on utilisera des systèmes qui ne nécessitent pas la coopération du patient, par exemple, les nébuliseurs. En revanche, les patients qui exercent une activité professionnelle ou les étudiants préfèrent les systèmes faciles à transporter et à appliquer tels que les DPI.
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